SYMPOSIUM INTERNATIONAL PHENOMENES AEROSPATIAUX NON IDENTIFIES SAN MARINO BILAN ET PERSPECTIVES DE L'ETUDE DES PHENOMENES AEROSPATIAUX NON IDENTIFIES EN FRANCE CNES - RA/ET/EO/ST/SC/SEPRA 18 avenue Edouard Belin 31055 TOULOUSE Prsent par J.Jacques VELASCO, Responsable du SEPRA, (Service d'Expertise des Phnomnes de Rentres Atmosphriques) Avant-propos Je voudrais, avant de commencer cet expos remercier le Ministre des Communications, des Transports, du Tourisme et des Sports de la Rpublique de San Marino, de m'avoir invit, remercier galement le CNU et plus particulirement le Professeur Roberto PINOTTI de l'intrt qu'ils portent aux tudes et travaux qui sont mens en France sur le sujet en me permettant d'en exposer le cette occasion, enfin remercier de leur prsence les nombreuses personnalits politiques, administratives ou scientifiques italiennes qui contribuent la russite de ces journes. INTRODUCTION Peu de pays en dehors de toutes pressions politiques, militaires, mdiatiques, etc... ont pu organiser objectivement l'tude des phnomnes OVNI. La France par l'intermdiaire du Centre National Spatiales, l'Agence Franaise de l'Espace consacre depuis quelques moyens pour tenter de rpondre toutes sorte d'interrogations sur le sujet. Les raisons qui ont inciter notre pays engager cette tude repose sur trois principes - le souci de rpondre une lgitime curiosit publique (autorits politiques, militaires, scientifiques, population, - la volont d'accrotre la connaissance de notre environnement arospatial, - la ncessit objective d'valuer une ventuelle menace naturelle ou artificielles (rentres atmosphriques, manifestations lectromagntiques diverses La mission confie au GEPAN (Groupe dVEtudes des Phnomnes Arospatiaux non-identifis) et poursuivie depuis par le SEPRA tait la suivante - l'tude du phnomne OVNI dans toutes ces composantes, - la mise en place d'une cellule permanente de collecte, de tri, d'expertise des donnes, - la cration d'un Conseil Scientifique, - la dfinition d'un programme d'tudes et laboration d'une mthode de travail. Cette dmarche tait fondamentalement diffrente de celles dj engages dans les diverses commissions civiles et militaires cres aux Etats-Unis, notamment avec blue book et la commission Le seul souci tait de savoir si la science pouvait jeter les bases d'une approche rigoureuse et objective pour dterminer y avait une relle spcificit de certains phnomnes. L'unique dmarche employe consistait l'examen par les scientifiques de donnes collectes par le biais des organismes civils et militaires et ceci sans a priori sur leur nature. Cette approche tant radicalement diffrente de celle applique jusqu' prsent, o les organismes impliqus taient juges et parties, aussi bien dans la collecte que sur l'interprtation finale. De mme pour viter toute interprtation il a t dcid d'tablir dans la transparence une coopration entre divers organismes impliqus et la diffusion auprs du public des travaux effectus par le CNES. LA DEFINITION DE L'ACTIVITE. Essentiellement une priode o les questions fondamentales furent poses : de quel type de problme s'agit-il, quel intrt scientifique l'tude de ces questions, y-a-t-il des lments physiques interprtables et si oui comment les tudier, etc. 11 faut souligner l'importance donne la coopration et la collaboration efficace avec les organismes civils et militaires tant pour la collecte de donnes que celle de l'analyse et de l'interprtation des cas. GEPAN tenta d'apporter des rponses en proposant une approche mthodologique, l'organisation de moyens de collecte et de traitement de l'information en faisant participer de manire pluridisciplinaire diff&rents laboratoires scientifiques. LA METHODOLOGIE. Cette phase dcoulant de la prcdente, s'tablissait partir des recommandations du conseil scientifique qui souhaitait que des tudes plus fondamentales soient menes tant l'extrieur qu'au sein du GEPAN. C'est sans aucun doute la phase la plus importante sur le plan qualitatif sur l'avance de la problmatique du phnomne OVNI. ... Dans le cas 'prsent,- ia matrise et le contrle du recueil des conditions d'observations posaient problme. L'objectif fix a t de tenir compte de ces obstacles, apparemment insurmontables, en vue de l'laboration d'une mthode d'analyse de ces donnes. LES OBSERVABLES. Chaque cas rapport reprsente un "corpus" d'informations quantifiables s'articulant autour de deux ples majeurs & caractre physique et les donnes caractre psychologique. L'action de communication, de raction du c'est-&-dire ce qui produit l'information, lment qui sera examine sous ses diffrents aspects, que nous intitulerons "observable". Les informations produites sous la forme d'un rcit reprsentent une deuxime "observable". Cependant ces deux observables ne sont pas suffisantes pour analyser globalement le cas rapport. Il faudra aussi examiner celles-ci dans un environnement parfaitement connu et physiquement quantifiable. Ceci constituera la troisime "observable". Enfin, valuation serait incomplBte s'il n'&ait pris en compte la composante reprsentative du systme social, culturel et idologique dans lequel s'intgre le tmoin, c'est l'environnement psychosocial correspondant la quatrime et dernire "observable". LE MODELE. Les diffrentes observables seront analyses dans leur ensemble pour rechercher la nature de l'vnement qui chappe llobservateur. Contrairement aux approches partielles et rductrices que l'on trouve dans la littrature ou la presse populaire, toutes les variables seront analyses globalement et symktriquement. C'est un "ttradre". une pyramide, qui reprsente le mieux ce L'efficacit de cette mthode est illustre par l'affaire du 5 Novembre 1990. Sans cette approche rigoureuse il subsisterait encore aujourd'hui un doute sur l'interprtation des tmoignages. L'analyse des paramtres d'observation, ainsi que les donnes calcules par la NASA, concluaient formellement un phnomne de rentre dans l'atmosphre d'un objet satellis. UEi OVNI SURVOLE LA FRANCE. Le 5 Novembre 1990, la France entiere tait tmoin du survol de son territoire par un immense et trange triangle lumineux se dplaant silencieusement. Aussitt certains mdias comparaient htivement cet vnement a la vague d'observations de triangles ayant survol la Belgique depuis quelques mois. Alert par les organismes publics (gendarmerie nationale, aviation civile et militaire) le SEPRA engageait une enqute. De nombreux tmoignages affluaient de toutes parts du territoire franais. Dans un premier temps, nous avons considr llhypoth&se d'un phnomne de rentre atmosphrique. La question se posait alors de savoir s'il s'agissait d'une grosse mtorite ou bien de celui d'un objet satellis. Le doute subsistait d'autant que l'observatoire de Munich affirmait l'origine naturelle du phnomne. 48 heures aprs, grce des informations en provenance de la NASA, nous avions les lments techniques nous permettant de restituer la trajectoire et la trace au sol de l'OVNI. Il s'agissait bien de la rentre atmosphrique d'un objet satellis, plus particulirement de celle du troisieme tage d'une fuse sovitique Proton, qui avait servi au lancement d'un satellite de tlcommunication de type GORIZON 21. NOUS pouvions alors donner une rponse aux 875 tmoins qui avaient relat aux autorits leurs observations. SEPRA avait rempli sa mission et dmontrait ainsi l'intrt d'une structure qui permettait d'viter les dbordements mdiatiques sur un thme o le public a des attentes et de fortes croyances. LES DONNEES ET LEUR TRAITEMENT. La saisie des informations. Nous avons vu que le public ne reoit gnralement des informations sur ces phnomnes qu'au travers des mdias. Ces informations plus interprtatives qu'objectives ne lui permet pas d'examiner sereinement la nature de ces questions. Ds sa cration le GEPAN a voulu viter ce travers en organisant uniquement la collecte des donnes partir de sources officielles. C'est avec la gendarmerie nationale, l'aviation civile et militaire, la mtorologie, la police, etc..., que des protocoles de saisie et d'expertise furent tablis afin d'viter l'afflux de tmoignages nfolkloriques" et non contrls Le traitement. Une fois les mthodes, les outils et le rseau d'information mis en place, nous devions procder par tapes a/ partir du corpus d'information collecte, pour cerner et reconnatre les composantes particulires des phnomnes tudis. Par exemple faire ressortir d'un cas d'observation la composante physique du phnomne, ou bien encore les aspects psychologiques issus d'une mauvaise interprtation. b/ procder une analyse statistique du domaine tudi, pour dgager une typologie des phnomhes concernks. Cette typologie tant prcde d'une classification intrinsGque des catgories d'vnements rapports. c/ engager des enqutes sur le terrain, les plus compltes possible, en vue de recueillir le maximum d'information sur les aspects physiques, psychologiques et psychosociologiques des vnements tudis. LES RESULTATS. Les rsultats statistiques. 1974, date partir de laquelle la gendarmerie nationale centralise ce type de rapports, nous avons reu, 2113 procs- verbaux reprsentant plusieurs milliers de tmoignages Ces documents tris et expertiss ont fait l'objet de traitements statistiques. Les rsultats statistiques lmentaires (histogramme de rpartition du nombre de cas annuels) montrent plusieurs aspects intressant les composantes psychologique et psychosociologique la diffrence tr&s nette entre les cas uniques et multiples (les cas multiples correspondant B un vnement unique observ simultanment par plusieurs tmoins. Exemple typique du cas du 5/11/90 pour lequel nous avons reu 225 procs-verbaux de gendarmerie b/ des pics importants apparaissent lis un vnement particulier (rumeur, cration du GEPAN, affaire mdiatise, mission de TV ou de radio, etc), c/ une baisse sensible du nombre de cas rapports depuis les Une analyse plus fine portant sur 678 rapports analyss, entre 1974 et 1978, a fait l'objet d'une expertise en vue de dterminer une classification des phnom&nes examins (figure 4). Celle-ci nous a permi de montrer les limites des analyses statistiques qui ne peuvent dcrire que les circonstances d'un phnomne mais surement pas d'accder sa nature. Dfinition Probablement Inanalysable Les classes A et B confondues englobent le domaine des confusions. Les rsultats montrent que plus de la moiti de celles-ci sont des observations d'avions, de ballons stratosphriques ou mto, de rentres atmosphriques ou bien de confusions avec des astres (la lune par exemple). Les canulars reprsentent moins de 1% des cas. Reste la classe D (phnomnes non identifis) pour laquelle rien ne permet d'affirmer que les phnomnes de cette classe soient tous de mme nature. LES ENQUETES Le choix mthodologique expos plus haut et illustr par la gomtrie ttradrique implique priori d'tudier chaque vnement sous ses quatre aspects complmentaires. Bien sr la technique de l'expertise "conomique" suivie d'une analyse statistique ne respecte pas compltement ce choix, mme si on prend ensuite en compte certains biais introduits par les processus perceptifs. Par contre, on est beaucoup plus prs si on est capable de recueillir, l'occasion d'un tmoignage, "toutes" les informations concernant le(s) t&noins(s) et les environnements physique et psychosocial. Mais, pour quatre raisons au moins ce schma idal n'est pas susceptible d'application systmatique : parce que cela demanderait des moyens disproportio~s, ou parce que certains vnements sont comprhensibles sans ambigut grce des analyses trs simples (confusion avec des astres par exemple); parce que, dans d'autres cas, l'obtention de certaines de ces informations est trs difficile ou carrment impossible, ou enfin, parce que ces informations-l ont une structure telle qu'elles ne permettront pas le dveloppement d'analyses consquentes. a peu les enqutes approfondies se sont limites certains cas vrifiant une srie de critres : vnement rcent, en mtropole, n'ayant pas d'explication claire, et pour lesquels existent au moins deux sources d'information indpendantes; c'est dire que chaque tmoignage de la classe D n'a pas ncessairement donn lieu une enqute, loin de l, la moyenne se situant aux alentours de six enqutes par an. LES PROCEDURES D'ENQUETES Une enqute proprement dite consiste recueillir autant d'informations que possible : tmoignages (narration libre), examen de l'environnement gographique et topographique, avec reconstitution des faits, prlvements pour analyse s'il lieu, apprciation des traits de personnalit et du comportement du tmoin, de ses capacits perceptives et mmoniques, du conteste psychosocial, etc...il n'y a pas, de trouver des lments majeurs d'interprtation en tudiant tel ple du ttradre plutt que tel autre. Et si nous avons dj signal la trs grande diversit des explications rencontres dans le cadre d'enqutes relativement simples, cette diversite existe aussi pour les enqutes les plus complexes : ce n'est qu'en cours d'analyse que, peu peu, tel ou tel type d'interprtation se montre plus cohrent, plus exhaustif. Mais il peut aussi se faire qu'aucune explication dtaille n'apparaisse de l'enqute. Les enqutes. Les informations recueillies partir des rapports de gendarmerie sont une condition suffisante mais non ncessaire pour accder la connaissance complte d'un cas. Le proces-. verbal fait seulement tat d'lments descriptifs et circonstancis. Le but de l'enqute sera de rassembler les autres lments (les composantes principales physiques, psychologiques et sociales) pour tablir un diagnostic. Les donnes ainsi recueillies et analyses, permettront alors de mieux comprendre le phnombe tudi y a plus contraignant encore. Les vnements dont nous avons parl jusqu' prsent voquaient tous des phnomnes plutt classiques dans des configurations plus ou moins originales. Les connaissances scientifiques sur ces phnomnes, mme incompltes, fournissaient donc une srie de rfrences par rapport auxquelles pouvaient tre apprcies les descriptions recueillies. Le problme devient beaucoup plus difficile lorsqu'aucun phnomne classique n'est suggr par les informations collectes et qu'aucune rfrence n'est alors disponible. Ceci s'est produit trois reprises au fois l'enqute n'a rien mis en evidence qui permette, dans les conditions d'observation, dans la personnalit et le comportement des tmoins d'un processus particulier ayant pu biaiser sensiblement les informations recueillies. fois, il s'agit d'un tmoin se trouvant seul au moment de son observation (cet isolement tant par ailleurs tout justifi) et qui dcrit un phnomne mobile observ de jour, pendant un temps assez long, et se situant un moment donn trs prs de lui (l'valuation de la distance tant facilite le passage du phnomne devant un obstacle proche du Les descriptions prsentent chaque fois une bonne cohrence interne, avec elles diffrent sensiblement quant a la-forme, la couleur, les dtails en superficie, les volutions, et rien ne permet de penser qu'il puisse s'agir du mme phnomne (or la multiplicit d'observations analogues est une des cls de l'analyse scientifique de tout phnomne rellement nouveau). Elles ont seulement en commun une absence totale d'indice rappelant de prs ou de loin le mode d'volution arodynamique d'engins connus. LES CAS AVEC TRACES PHYSIQUES Le fait qu' chaque fois il n'y ait qu'un tmoin limite considrablement les possibilits d'analyse, en particulier sur le plan de la cohrence, et ces tmoignages n'auraient certainement pas justifi d'enqute si des perturbations sur l'environnement physique n'avaient fourni un deuxime plan d'analyse. Le 26 Janvier 1981, c'est un collecteur de lait dont la voiture s'arrte au moment o il fait son observation et qu'il ne peut remettre en route. De nombreuses personnes constatent ce fait, puis la voiture finit par redmarrer le lendemain. Toutefois, une analyse trs dtaille du vhicule, et en particulier, de son circuit lectrique avec des essais prcis sur les diodes n'ont permis de mettre en evidence aucun dfaut rmanent. Le 8 Janvier 1981 aprs-midi, un maon qui travaille dans son jardin voit un phnomne lumineux descendre jusqu'au sol, y rester un moment et repartir. A l'endroit de contact dsign par le tmoin une trace en forme de couronne est visible, la terre sche et dure "ripe" et crase. Les analyses pdologiques faites indpendamment dans une srie de laboratoires publics et privs, suggrent que l'endroit a subi une forte pression mcanique, semblable un choc, avec chauffement thermique important, et, peut-tre, apport de matriaux quantit (fer, phosphate, zinc). Quant aux analyses biochimiques, elles mettent en vidence des distributions particulires des composs pigmentaires, glucides et aminoacides libres, en fonction de la distance la zone concerne, D'autres acalyses biochimiques ont t effectues lorsque le 21 Octobre 1982, un chercheur en biologie cellulaire vit un phnomne lumineux s'immobiliser 1 mtre environ au-dessus de son jardin.. Un peu aprs la disparition du phnomne, il remarque des fleurs visiblement dessches au niveau o, dit-il, se situait le phnomne. Les analyses biochimiques ont montr des diffrences sensibles entre les prlvements sur la zone suspecte et les prlvements tmoins faits proximit, en ce qui concerne les sucres et les aminoacides libres. Ces deux sries d'analyses biochimiques ont t l'occasion d'atteindre et de prciser une nouvelle frontire de 1-a : de tels rsultats sont trs difficiles interprter correctement. Des causes trs diverses peuvent influer par exemple sur la pigmentation et c'est pourquoi, les tudes biochimiques se font dans des conditions "idalesn, en laboratoire, quand on contrle au mieux le plus de paramtres : sur le terrain c'est une autre histoire. D'autre part, chaque laboratoire a ses techniques, ses mthodes, voire ses rsultats, pas ncessairement comparables ni mme compatibles avec ceux d'autres laboratoires. Enfin trop peu de travaux ont t faits dans l'optique d'une caractrisation des effets de phnomnes gnraux tels que dcharges lectriques, naturelles ou artificielles. n'existe pas de "dictionnaire des effets biochimiques" et les enqutes de ce type dbouchent l'heure actuelle sur plus de questions que de rponses. Elles ne peuvent au mieux qu'indiquer des axes de recherche qu'il sera utile de dvelopper pour mieux comprendre les informations recueillies- Nous sommes encore loin de la comprhension rigoureuse de tels vnements, mais nous pouvons au moins maintenant en dfinir plus clairement le champ d'tude. Parmi les phnomnes arospatiaux dits "non-identifis", certai